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L’origine des silences

  Quand le soir vient mourir contre les vitres tranquilles de la ville assoupie, je sens ta présence glisser jusqu’à moi avec une douceur infinie, et mon cœur longtemps dispersé dans les jours sans éclat ni lumière retrouve auprès du tien une paix profonde, presque familière. Ton regard possède la calme profondeur des fleuves après l’orage, une gravité tendre capable d’apaiser les blessures du passage, et lorsque tes yeux se posent lentement au bord de mes pensées, j’ai l’impression de voir mes anciennes fatigues enfin déposées. Il existe autour de toi une grâce que nul mot ne peut entièrement saisir, comme un parfum ancien demeuré vivant dans le souvenir, et même le silence paraît changer de forme lorsque tu respires près de moi, tant ta présence donne au monde une harmonie que je ne connaissais pas. Tes paroles avancent en moi avec la lenteur des pluies sur les jardins d’automne, elles traversent mes heures secrètes et doucement les ordonnent, réveillant dans ma mémoire des régio...

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