Le château de Lady Rose, où fleurit la nuit
Dans le château assoupi sous les draperies de nuit, Lady Rose descend, et la demeure s’ensuit, ses pas sur les dalles ont la lenteur d’un rite, chaque arcade s’incline à sa grâce insolite, aux vitraux défaits dort une lune d’étain, et la pierre paraît respirer sous sa main. Elle traverse les salles où sommeillent les portraits leur regard séculaire se détourne en secret, car son visage apporte une étrange lumière, une clarté sans jour, plus intime que fière, et la rose qu’elle tient, sombre dans sa paume, semble avoir recueilli les silences du dôme. Je l’attends dans la galerie aux tentures fanées, où les cierges distillent leurs lueurs inclinées, elle me voit, s’arrête, et rien ne nous sépare sinon quelques battements dans l’espace trop rare, son regard vient au mien sans détour ni défense, et le château comprend avant nous cette alliance. Elle approche, si près que son parfum demeure entre ma main suspendue et la soie de son cœur, je ne touche encore rien, mais déjà tout s’acco...




